C'est l'une des conséquences de la démocratisation du chèque emploi service et de l'aide à domicile, la recrudescence du nombre de prestataires. Simples particuliers, institutions publiques ou privées et associations à but non lucratif s'engouffrent dans la brèche. Un véritable appel d'air lié à la demande croissante de bénéficiaires. Souvent des seniors reclus dans la solitude, pour qui le service rendu n'a guère changé. Soins à domicile, aide ménagère, portage de repas...
Prestataires toujours plus nombreux
Mais l'offre s'est considérablement élargie. Pour de nouveaux débouchés : bricolage, jardinage, coaching particulier... Certains prestataires délivrent même des services à la carte. Plus l'offre est vaste, plus le coeur de cible s'élargit. Au point de faire, aujourd'hui, du secteur des services et de l'aide à la personne l'un des rares à ne pas subir les foudres de la crise. Mais, à prendre davantage de part de marché au quotidien. Sans pour autant que soit établi le moindre lien. Les raisons sont multiples. Offre et demande en pleine expansion, augmentation exponentielle des prestataires, concurrence exacerbée du milieu, tous les atouts d'un secteur en ébullition.
Le temps où quelques institutions détenaient à elles seules le monopole des services à la personne est définitivement révolu. Désormais, de nombreuses sociétés privées dénichent le bon filon. Une activité à l'évidence lucrative une fois la notoriété acquise. Car l'agrément et la qualité des prestations restent essentiels. Du moins pour certaines structures historiques, comme l'Adafmi, qui met « un point d'orgue à la bonne réalisation du travail ». Une démarche louable et salutaire, d'autant plus dans ce domaine d'activité, mais qui lui en fait désormais payer les frais. L'association à but non lucratif est largement déficitaire, sur l'exercice 2008, pour la première fois de son histoire. La cause à « l'ouverture de l'antenne maximinoise, pas encore rentable puisque trop récente. La situation va se stabiliser... » Le président reste confiant.
Trop de service tue le service
D'autres prestataires de ses services d'un nouveau genre ne font pas preuve d'autant de scrupule dans leur gestion d'activité. Absence non remplacée, personnel peu qualifié pour certaines taches, contrôle qualité inexistant ou satisfaction des clients peu prise en compte... L'agrément délivré par les autorités préfectorales ne suffit pas forcément à justifier de la bonne exécution des prestations.
D'autant que ceux qui les pratiquent jouent dans différents registres. Parfois non maîtrisés.
Si la polyvalence des auxiliaires de vie est à l'évidence un atout, elle peut parfois cacher une méconnaissance de certaines activités. Le cas dans le soutien scolaire a récemment fait débat. Avec des professeurs particuliers enseignant des matières éloignées de leurs compétences formelles. Plus largement, la polyaptitude peut cacher des carences notoires, alors même que les personnels sont censés délivrer leurs services à titre de professionnel. Sans évoquer le cas de certains particuliers légitimement alléchés par « l'envie de rendre service », mais dépourvus de toute connaissance dans le milieu qu'ils prétendent maîtrisé. La question reste sur ce point bien entière. Le développement actuel des services à la personne recèle cette ambivalence intrinsèque. Entre dévouement envers autrui et attrait purement lucratif, une vraie question de société. Des choix à faire également, en connaissance et conscience de cause.
Source : Var matin



